ASILE A MONTIGNY
passe-port, et je fus, dès ce moment, considéré comme un ancien habitant de la commune. Afin d'éloigner tout soupçon sans m'imposer aucune gêne, je parlais habituellement, avec MM. Gi-> rard, le patois languedocien, ou le français avec l'accent méridional, devant les habitants du village, dont je ne tardai pas à me concilier l'affection. Je saisissais l'occasion de me rendre utile. On venait me consulter; j'étais une espèce de se* crétaire de la commune : on m'appelait M. Danias. Tout allait au mieux, j'étais en parfaite sécurité. Mais bientôt le curé Lamblin, effrayé de l'enlèvement d'un de ses confrères, dans une commune voisine de Montigny, me témoigna ses inquiétudes, et finit par me déclarer qu'il ne croyait pas pouvoif me garder plus longtemps chez lui. Sa vieille servante, que j'avais mise faci* lement dans mes intérêts > fit de vains efforts pour rassurer son maître. Je prévoyais moi-même que les terreurs de mon hôte ne tarderaient pas à me faire découvrir, lorsqu'une visite bien inattendue acheva de me décider.
Le fidèle valet de chambre de ma belle-mère, Lair , entra dans ma chambre à la pointe du jour, me donna des nouvelles de ma femme et de mes filles, et me pressa de me lever sur-le-champ. Penidant que je m'habillais , il alluma mon feu, et lorsque je fus assis près de la cheminée, il me remit III. 3