‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 136 sur 247 · ARRIVEE A MADRID · texte numérisé non relu

ARRIVEE A MADRID

J'arrivai au pied de la montagne de Sommo- Sierra par un très-mauvais temps, et nous eûmes beaucoup de peine à atteindre le village qui est au sommet , et où le défilé se trouve plus étroit. Un ouragan de neige, aussi violent que ceux qu'on éprouve dans les hautes Alpes, mit toute la colonne en désordre et renversa les caissons} je parvins cependant à faire monter ma voiture, parce que les hommes qui la poussaient à force de bras étaient abrités du vent. La troupe ne put arriver au village que le lendemain. Ce même ouragan arrêta l'armée de l'empereur pendant deux jours à la montagne de Guadarama, sur la route de Ségovie. Quoique les rampes fussent larges et bien adoucies, les troupes y rencontrèrent plus de difficultés qu'au fameux passage du Saint-Bernard : il fut impossible de se maintenir contre la violence du vent. Cet incident extraordinaire fit perdre deux marches, et sauva l'armée anglaise, qui certainement eût été enveloppée.

Je passai huit jours à Madrid en attendant les nouveaux ordres, qui m'appelèrent au quartier général de Valladolid. Je fus logé au palais de la duchesse de Fernand Nufies , que j'avais vue autrefois à Paris ebez le comte de Saint^Priest, lorsque le feu duc était ambassadeur d'Espagne. Je fus très-bien accueilli par madame de Fernand Nufies.

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