‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 137 sur 247 · MADRID · texte numérisé non relu

MADRID

Je dus attendre à Madrid de nouveaux ordres du major général, et je profitai de ce court séjour pour rendre mes devoirs au roi, et lui faire agréer l'hommage respectueux de ma reconnaissance. J'eus grand plaisir à me retrouver près de ce prince , entouré de mes amis et compagnons qui, dans divers emplois, étaient restés attachés à sa personne et suivaient sa fortune. Mon collègue, le général Belliard (comme moi aide-major général de l'armée impériale), était gouverneur de Madrid. Je reçus de lui toutes les notions que je pouvais désirer sur la situation des affaires, et plus particulièrement sur celle du roi. Je parcourus cette singulière capitale et ses environs arides et presque incultes, image fidèle de la décadence d'une ancienne splendeur et de l'appauvrissement causé par l'incurie et la négligence des plus précieuses ressources. J'allai visiter les nouvelles fortifications du Retiro qu'on mettait en état de défense, et dont le commandement avait été confié au brave général Paris, mon anôien ami , qui fut tué peu de temps après.

Malgré la bonne discipline et la sévère police que maintenait le général Belliard, il n'y avait presque pas de jours que quelques Français ne fussent attaqués et assassinés. Il était facile de prévoir que la situation du roi deviendrait de

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