L1LE DE LOBAU
côté du pont tous les chevaux qui pouvaient encore marcher, fit ramasser les armes et les cuirasses, fit défiler les trois compagnies de grenadiers et passa le pont le dernier.
Je bivouaquai dans File de Lobau, où mes gens étaient venus me trouver et m'avaient amené quelques chevaux; mais je fus déposté de la place qu'on m'avait choisie , par le feu continuel que faisaient nos soldats sur les cerfs nombreux dont cette île était encore remplie ; les balles sifflaient de tous côtés; les rênes du cheval que j'allais monter furent coupées par une balle; les officiers eurent beaucoup de peine à empêcher ce désordre.
On avait , pendant la journée et la nuit qui suivirent la bataille, rétabli le pont sur le grand bras du Danube : je reçus l'ordre de m'y rendre pour établir l'ordre, et faire d'abord transporter le grand nombre de blessés qu'on avait déposés, à l'entrée du pont ; c'était un effroyable encombrement , et l'un des plus tristes spectacles que l'on puisse rencontrer à la guerre. Plusieurs milliers de blessés qu'on avait portés , ou qui s'étaient traînés jusque-là, criaient, demandaient des secours, et attendaient que le passage du pont fut ouvert. Tputes les troupes qui avaient combattu avaient pris position en arrière du petit bras du Danube, et sur la coupure qui