DISPOSITIONS ADMINISTRATIVES
assez vif , pendant lequel l'armée russe passa la D wina et remonta cette rivière par la rive droite ; l'empereur Napoléon se décida à remonter la rive gauche, observant le mouvement de l'en* nemi et se dirigeant sur Witepsk.
Pendant le séjour du quartier général à Wilna, je m'occupai de l'organisation des divers services, tant pour la partie mobile, et qui de* vait avec moi suivre le gros de l'armée et la réserve de la garde impériale, que pour l'administration fixe et territoriale des divers districts de la province de Lithuanie, base générale des différentes lignes d'opérations. Je proposai à l'empereur la nomination des auditeurs du conseil d'État destinés à remplir dans ces divers districts les fonctions d'intendants. J'organisai les convois qui, soit par les routes de terre, soit par la navigation du bas Niémen et de la rivière de Vilia, l'un de ses principaux affluents, devaient apporter à Wilna les approvisionnements que nous tirions principalement de la Prusse orientale. Après cette première disposition générale, je n'eus bientôt plus à m'occuper de cette partie si importante de mes fonctions, que par la correspondance. L'empereur , pressé par le gouvernement du grand-duché de Varsovie, et par les principaux habitants de la Lithuanie, d'organiser un gouvernement provisoire, fit former
fa6 GOUVERNEMENT PROVISOIRE A WfLNA.
une commission ou conseil qui se réunit à Wilna sous la présidence du duc de Bassano. Il confia à ce ministre les pouvoirs les plus étendus, pour tout ce qui pouvait concerner l'armée et le pays : il ne pouvait mettre ces intérêts «n meilleures mains. Le duc de Bassano remplit cette importante mission pendant tout le cours de la campagne, et jusqu'au dernier jour de l'évacuation , de la manière la plus utile à l'armée et la plus équitable envers les habitants du pays.
La veille de son départ de Wilna, l'empereur passa lui-même une revue des équipages militaires que j'avais fait rassembler sur le plateau élevé et découvert qui se trouve au nord de la ville. Pendant cette revue, il y eut un orage très-fort; le vent du sud nous apportait une odeur cadavéreuse insupportable, qui provenait du grand nombre de chevaux morts sur la route entre Kowrïo et Wilna. On ne remarquait pas dans l'armée cette gaieté que nous avions toujours vue aux ouvertures de campagnes. L'aspect du pays était triste ; tout paraissait grave et sévère.
L'empereur porta d'abord son quartier général à Globokoë, à trois marches de Wilna. Trouvant cette partie de la contrée abondante en grains, il m'ordonna d'y former de grands établissements de manutention , d'y rassembler des