‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 167 sur 247 · ENTRÉE A MOSKOU · texte numérisé non relu

ENTRÉE A MOSKOU

campagne, pressait le mouvement de ses corps d'armée. Obligé de suivre le quartier impérial, ce fut pour moi un pénible devoir de laisser en arrière , dans les environs du champ de bataille, un si grand nombre de blessés (de quatre à cinq mille), avec si peu de secours. Nos ambulances étaient presque épuisées , et cependant il fallait prévoir les résultats d'une dernière bataille et ménager le peu qui nous restait de moyens d'y pourvoir.

En arrivant devant Moskou, nous trouvâmes la position appelée la montagne des Oiseaux couverte de retranchements encore imparfaits, et que sans doute les généraux russes s'étaient proposé de défendre ; mais cette position , ainsi que la capitale, avaient été abandonnées, et la bataille, seconde victoire que l'empereur avait espérée, nous échappait.

L'empereur s'arrêta dans le faubourg de Moscou , sur le bord de la Moskowa ; il laissa le roi de Naples pénétrer jusqu'au Kremlin, dont celuici s'empara , après en avoir chassé quelques milliers de paysans armés qui s'y étaient enfermés. L'empereur ordonna ensuite au comte Daru et à moi d'entrer dans la ville à la suite de l'avant-garde , et de prendre connaissance de la situation des choses pour lui en faire un rapport le lendemain matin. Il défendit

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