M OS K OU
sonne. Vers minuit nous choisîmes chacun un gîte dans ce même quartier du Gouvernement, qui nous parut être le plus central de cette immense ville.: Je m'établis dans un hôtel situé à l'un des angles de la place , et qu'on me dit appartenir à madame la comtesse de Mockanow. C'était une grande maison bâtie en pierres de taille, d'une assez mauvaise architecture , mais à l'intérieur commodément distribuée et fort bien ornée. Je trouvai dans les cuisines souterraines deux moudjicks ou esclaves qui me conduisirent dans les appartements ; tout y était en aussi bon ordre que si les maîtres de la maison y eussent été attendus; il y avait dans le salon de compagnie, précédé de deux autres, une table ronde sur laquelle étaient encore les ouvrages de broderie des dames : pas le moindre petit meuble n'avait été déplacé ; les clefs étaient sur les secrétaires dans une fort belle chambre à coucher. J'appris ensuite qu'on avait recueilli dans une cave tout le linge et les effets les plus précieux, et entre autres deux bustes en bronze de l'empereur et de l'impératrice, qu'on avait cachés dans des tonneaux remplis de miel : je me fis remettre les clefs de cette cave , afin qu'on n'en pût rien enlever : il y avait sous les remises cinq ou six voitures neuves en très-bon état.
A peine m'étais-je jeté sur un lit, que j'entendis