‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 170 sur 247 · M OS K OU · texte numérisé non relu

M OS K OU

le poste qui était sur la place, crier: Alerte! aux armes! au feu! J'appris qu'un incendie venait de se manifester à la maison de la Bourse , près du Kremlin, derrière la place du Bazar : je m'y rendis sur-le-champ, et je vis qu'on n'y pouvait porter que des secours insuffisants, et que déjà le feu gagnait les galeries ou colonnades du pourtour de la place du Bazar. On ne peut douter que des incendiaires apostés n'eussent commencé , dès ce moment, à exécuter l'ordre qui leur avait été donné par le gouverneur, le comte de Rostopchin , d'incendier cette belle capitale.

L'empereur Napoléon arriva le lendemain matin , et établit son quartier général dans le palais impérial du Kremlin ; la garde impériale fut caser née dans le vaste palais du sénat et dans les autres édifices que renferme le Kremlin. Mon premier soin fut de faire rechercher les ressources en subsistances qui pouvaient se trouver dans les magasins publics et dans les maisons particulières; je fis ouvrir devant moi les magasins qui bordent le quai, entre le Kremlin et la maison des enfants trouvés; on estima à environ quarante mille quintaux les barils et sacs de farine et de gruau que ces magasins renfermaient ; ressource précieuse, et qui eût été suffisante pour un court séjour. Je me hâtai de visiter les hôpitaux déjà encombrés par les malades et les

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