‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 175 sur 247 · JE TOMBE MALADE · texte numérisé non relu

JE TOMBE MALADE

« il en reste encore plus de quatre mille dans « Moskou. » Il parut très-mécontent de ma réponse, et passa plus loin sans me rien dire de plus. Le maréchal Duroc, qui était auprès de moi, me serra la main et me dit : « C'est fort « bien , général ; c'est avec cette franchise qu'on « sert bien l'empereur. »

En sortant de l'ordre ou lever de l'empereur , je montai à cheval et je visitai presque tous les hôpitaux : cette course me fatigua beaucoup; je rentrai chez moi avec une forte transpiration, et, comme je me hâtais daller changer de vêtements, je fus arrêté dans le salon par ce que nous appelions la colonie française, c'est-à-dire, des familles françaises établies à Moskou , et que le bruit qui s'était répandu du prochain départ de l'armée avait jetées dans !e désespoir. Tous demandaient à nous suivre, et le plus grand nombre manquait de moyens. Je dus écouter leurs plaintes et accueillir leurs demandes. Comme le froid était déjà très-vif, je me sentis refroidi et glacé jusqu'au cœur. Une heure après, je fus attaqué d'une fièvre violente et d'un point de côté. Le baron Desgenettes, premier médecin de l'armée, déclara que c'était une fluxion de poitrine, et rendit compte à l'empereur que j'étais hors d'état d'être transporté. Le général. Lauriston. et le comte de Narbonne vinrent me voir et m'ap"

Page 1