DÉPART DE MOSKOU
prirent la surprise et l'attaque de l'avant-garde du roideNaples, et l'ordre donné par l'empereur pour le prompt départ de l'armée. On m'annonça que j'allais être transporté au Kremlin, où le maréchal Mortier, duc de Trévise, devait rester avec son corps, pour faire l'arrière-garde.
Malgré les vives douleurs que me faisaient éprouver le moindre mouvement et le plus léger contact, je m'obstinai à suivre l'année. Le baron Desgenettes n'ayant pu me détourner de ce dessein, se décida à monter en voiture avec moi pour me donner ses soins, que j'acceptai avec une vive reconnaissance. Lorsqu'on me plaça dans ma dormeuse, je crachais, ou plutôt je vomissais le sang; mais les douleurs aiguës et la fièvre ardente m'étaient moins insupportables que l'idée de rester dans cet état entre les mains des Russes au milieu des ruines de Moskou. Après le premier bivouac et pendant la seconde marche, mon état empira et devint très-dangereux. Le docteur I^aubert, premier pharmacien de l'armée, dont les talents étaient aussi estimés que son honorable caractère , ne quittait pas ma voiture, me visitait souvent, et conférait avec le baron Desgenettes; on ne pouvait me donner d'autres secours que de fréquentes potions de gomme arabique, de sucre et de fleur d'orange dissoute dans de l'eau qu'on ne pouvait pas