COMBAT DE KRASNOË
lieues de Krasnoë, enlevèrent plusieurs voitures des équipages du quartier général, et entre autres le fourgon topographique de l'empereur. Je perdis dans ce hourra ma voiture la mieux attelée , dans laquelle j'avais placé mon valet de chambre avec mes effets les plus précieux, et quelques provisions qui nous étaient bien nécessaires. Mon valet de chambre, Félix, s'échappa heureusement, et accourut vers ma dormeuse pour m'avertir et me dégager de ce désordre, en me faisant gagner au galop la tête de la colonne, où une compagnie de la jeune garde tint ferme et arrêta les Cosaques,
Nous rencontrâmes, le soir même, de plus grandes difficultés : un ruisseau profondément encaissé nous obligea de bivouaquer encore. Ce ne fut que le lendemain, dans la matinée, que nous pûmes passer ce défilé et monter avec peine, à cause des glaces , sur le plateau où la petite ville de Krasnoë est située. L'avant-garde de l'armée russe avait déjà débouché des bois, des pièces de canon montées sur des traîneaux étaient en batterie à demi -portée de la route, et tiraient sur tout ce qui passait entre le ruisseau et la ville. On leur avait opposé quelques pièces (l'artillerie le long de* la route, et les équipages du quartier général arrivèrent aussi à Krasnoë. On me fit descendre dans le logement du corn-