‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 18 sur 247 · FUITE EN SU ISS F. /|S · texte numérisé non relu

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publique! On n'exigea rien de plus sur tous les lieux de notre passage jusqu'à Langres. La consigne était ici plus sévère. Le poste des gardes nationales qui nous arrêta , et auquel je voulais montrer nos passe-ports, nous invita à descendre pour nous rendre à la municipalité. Je m'en défendis , en prétextant l'urgence de ma mission. L'officier commandant le poste survint pendant le débat, et m'ayant fixé profondément, il prit les passe-ports, rentra dans le corps de garde , et revenant peu d'instants après , il ouvrit la portière, et, se penchant pour me parler tout bas : « Tenez , me dit-il , général Dumas , votre passece port est en règle; que la Providence veille sur « vous ; je vous souhaite un heureux voyage. « Allez, postillon! » Je ne pus même soupçonner à qui je devais un si bon office.

11 était minuit quand nous arrivâmes à Besançon. On voulut nous conduire à la municipalité où des commissaires étaient, nous disait-on, en permanence. Nous n'y trouvâmes qu'un secrétaire qui nous dit qu'il fallait attendre le jour. Je demandai à être conduit chez le maire; il était dans son lit, entouré de rideaux. Sans le voir et sans en être vu, je racontai ma fable. Il visa le passe-port sans difficulté, et je n'en éprouvai pas davantage pour me faire ouvrir les portes de la place, comme on avait coutume de

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