‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 181 sur 247 · COMBAT ET RETRAITE IHJ MARECHAL NEY · texte numérisé non relu

COMBAT ET RETRAITE IHJ MARECHAL NEY

née : la plus grande partie de l'infanterie paftsa le Dnieper sur la glace flottante et déjà inondée , pendant que les chevaux et les voitures défi* (aient sur le pont. Leà Russes ne poursuivirent point le gros de l'armée au delà de Dobrowna, et s'occupèrent uniquement de côUper la retraite au corps du maréchal Ney qui était parti le der* nier de Sniolensk» et formait notre arrière»garde. On était fort en peitié du sort dé ces braves : il semblait impossible que le maréchal ne fût pas enveloppé et accablé par le nombre ; l'empereur s'arrêta à Orcha, où Ton trouva quelques ressources : on rallia, on réorganisa le mieux qu'il fut possible les débris des corps d'artnée , dont les pertes étaient immenses, tant pour le personnel que pour le matériel. On apprit que L'intrépide maréchal Ney» qui n'avait avec lui que cinq à six mille hommes ; avait osé attaquer l'armée russe, malgré sa force au moins décuple et son excellente position, et qu'après ce combat héroïque, vainement sommé de déposer les armes, il avait résolu de périr avec la poignée de braves qui lui restaient, plutôt que de capituler en rase campagne. Il avait, pendant la nuit i marché en arrière de sa droite, traversé le Dnieper, et, à travers les corps ennemis qui IV vaient déjà prévenu sur la rive opposée, il avait continué sa retraite.

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Le prince vice-roi , à la tête d'un détachement de quinze cents hommes, marcha au-devant et au soutien du maréchal Ney, qui, avec deux mille hommes qui lui restaient, rejoignit le quartier général à Orcha. Ce fait d'armes est l'un des plus mémorables de ceux qui ont illustré les armes françaises ; les généraux russes en furent frappés d'étonnement et d'admiration.

Dans l'état déplorable où la rigueur de la saison, la fatigue des marches, et surtout la pénurie des subsistances, avaient déjà réduit l'armée, il était urgent de se rapprocher de Minsk et de Wilna , seul point où nous eussions des magasins et des ressources. L'empereur avait déjà ordonné au maréchal Oudinot et au maréchal Victor de se porter avec leurs corps d'armée sur Borisow, pour assurer le passage de la Bérésina. 1x5 général russe Witgenstein , après s'être emparé de Vitepsk , suivait et pressait l'arrièregarde du maréchal Victor; l'amiral Tchichagow, avec l'armée de Wolhinie, avait marché sur Minsk ; une partie de l'armée principale de Kutusow marchait sur Moïlow pour passer le Dnieper. Le plan général des Russes , pour couper toute retraite à l'armée française, était à découvert. Il n'y avait pas un instant à perdre; nous partîmes d'Orcha; nous avions encore cinq à six marches à faire pour arriver sur la Béré-

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