ARRIVÉE A KOWNO
bancs, avec le général Monthion, qui voulut bien partager avec nous quelques vivres.
Nous continuâmes notre route ; nous eûmes encore deux journées jusqu'à Kowno, petite ville sur la rive droite du Niémen : je fis ces deux journées sur mon petit cheval arabe, l'un des deux qui me restât; l'autre mourut de soif à quelques lieues de Kowno. Je me sentais entièrement épuisé de fatigue et roidi par le froid : on me plaça sur un traîneau et Ton eut soin de m'empêcher de m'endormir : j'aurais certainement péri si ce soin eût été négligé. Mou aide de camp Poncet poussait sans cesse la tête de son cheval dans mes épaules, et me tenait ainsi éveillé malgré moi. Nous passâmes là nuit à Kowno , au milieu du plus grand désordre. Les troupes du maréchal Ney, qui faisaient l'arrièregarde, arrivèrent le soir, et, se mêlant à là foule des fuyards, forcèrent les portes d'un magasin de rhum et d'eaft- de-vie. Leur bivouac fat établi sur la place en deçà du pont. Le feu prit aux maisons d'un coté de la place, et, comme il y avait de l'autre coté des dépôts d'artillerie et de munitions, le danger d'une explosion était imminent et même inévitable si te vent eût changé.
Lorsque nous partîmes quelques heures avant le jour, nous eûmes l'affreux spectacle des bivouacs, où presque tous les; malheureux qui