LE MARÉCHAL NET
café, lorsque je vis entrer un homme vêtu d'une redingote brune; il portait une longue barbe; son visage était noirci et semblait brûlé; ses yeux étaient rouges et brillants. « Enfin me voilà ! » dit-il; « eh quoi! général Dumas, vous ne me re- « connaissez pas ? » — « Non ; qui è tes-vous donc ? * — «Je suis l'arrière*garde de la grande armée, le « maréchal Ney. J'ai tiré le dernier coup de « fusil sur le pont de Kowno; j'ai jeté dans le « Niémen la dernière de nos armes , et je suis « venu jusqu'ici à travers les bois. » Je laisse à penser avec quel empressement respectueux nous accueillîmes le héros de la retraite de Russie. Il prit son quartier dans cette maison , et nous partîmes pour nous rendre par Insterbourg et Welhau à Kœnigsberg. Le roi de Naples çt tout son état-major y étaient arrivés avant nous. Je me rendis d*abord chez le comte Daru, que je. trouvai occupé comme il l'avait 'été à Wilna, mais avec moins de précipitation et plus de sucses à pourvoir aux besoins de l'armée, qu'on s'efforçait de réorganiser. J'allai prendre les ordres du roi de Naples , et son autorisation pour me rendre à Dantzick, avec mon gendre Saint-Didier et mes aides de camp Doney, Poncet et le capitaine Bernard. Nous trouvâmes enfin daps cette place un repos qui nous était bien nécessaire. J'y reçus un très-bon accueil du bravé général