BATAILLE DE LUTZEN
tout y était clans tin grand désordre à cause d'un hourra de Cosaques ; ils avaient tourné l'aile droite de l'armée française , et s'étaient jetés sur les derrières. Je fus d'abord visiter les ambulances qui se remplissaient de blessés; je rétablis l'ordre de mon mieux, et je me hâtai d'àllei* rejoindre l'empereur sur le champ de bataille : c'était au moment où une colonne de la jeune garde , commandée par le général Roguet, était dirigée par l'empereur lui-même, et suivait la lisière d'un bois où les alliés avaient jeté un grand nombre de tirailleurs. Il me parut que le but de cette manoeuvre était d'attaqaer la droite du centre de la ligne ennemie, afin de faciliter les attaques réitérées du maréchal Ney contre le village dont les ennemis s'étaient emparés, et sur lequel ils avaient porté la plus grande partie de leurs forces, pour couper la ligne et arriver jusqu'à la chaussée. Le moment était fort critique. L'empereur m'ayant appelé auprès de lui, me demanda où étaient le trésor et les équipages : a J'ai exécuté, lui dis-je, l'ordre de Votre Majesté, « ils sont à Lutzen. » — « Eh bien ! ne perdez pas « un instant pour lès ramener à Mersbourg, c'est « le point de retraite. » Je retournai donc à Lutzen, et je me mis en marche pour Merébourg avec tous ces impedimenta. Je n'avais qu'une faible escorte; et comme je devais croire que les Co- 1TT. 3a
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saques, qui avaient donné l'alerte à Lut zen et pillé un peu plus loin le quartier général du prince Eugène , s'étaient répandus dans la plaine, je n'étais pas sans inquiétude; je savais aussi qu'un fort détachement des alliés s'était emparé de Hall, et qu'il pouvait arriver avant moi à Mersbourg, en remontant la rive gauche de la rivière.
En approchant de Mersbourg, j'aperçus sur le chemin de Leipzig une colonne d'infanterie; je la fis reconnaître, et j'appris avec grand plaisir que c'était la division Régnier que le prince vice-roi avait détachée en toute hâte, pour occuper ce poste bien important, si la bataille eût été perdue ou que la victoire eût été douteuse. Nous rentrâmes dans Mersbourg un peu avant la nyit, et après quelques heures d'anxiété, nous reçûmes la nouvelle de la victoire remportée par l'empereur sur l'armée russe et prussienne. Nous retournâmes le lendemain à Lutzen où l'empereur se trouvait encore , et faisait ses dispositions pour poursuivre l'ennemi, qui se retirait sur Dresde. J'appris tous les détails de cette bataille mémorable livrée sur le terrain même où triompha et périt glorieusement le grand Gustave Adolphe. Je parcourus le champ de bataille que j'avais à peine aperçu la veille, n'en ayant vu que la gauche pendant la sanglante attaque du ma-