MÉMOIRE ADRESSÉ AU PRINCE DE COBOURG
naire. II pensait que cette circonstance produirait une réaction inévitable, et que si la cour de Vienne était bien éclairée sur les intérêts du parti constitutionnel, on pourrait ouvrir des voies de conciliation.
Préoccupé de cette pensée, il m'invita à écrire un mémoire qu'il se chargeait de faire transmettre. Je profitai de cette ouverture pour essayer de servir d'une manière indirecte nos malheureux amis la Fayette, Alexandre Lameth, de Latour Maubourg et Bureaux de Puzy, détenus dans les cachots d'Olmutz par une violation qui a longtemps prolongé les maux de la France. Ce mémoire que je remis à M. de Frusching était sous la forme d'une lettre avec ce titre : V Espérance volontaire de F armée du Nord à S. M. le prince de Saxe-Cobourg. J'exposais dans cet écrit la véritable situation des partis en France, telle que je la voyais, non d'après ma situation personnelle, mes justes regrets et mes ressentiments contre les prétendus républicains fauteurs de l'anarchie, mais d'après les principes consacrés par l'assemblée constituante, d'après les mœurs de la nation, que les désordres de l'anarchie n'avaient pu changer. Je démontrais que l'influence de ces mœurs et la saine opinion publique reparaîtraient dans toute leur force aussitôt que la double compression de la tyrannie démocratique et de la coali-