CAPITULATION DE DRESDE
tance, sur la route dont la direction et les stalions avaient été réglées. Leà généraux baron de Klenau, marquis de Chasteler, et comte de Tolstoy vinrent faire visite à M. le maréchal Saint- Cyr. Dans cette conversation où je me trouvai , on raisonna beaucoup sur les conséquences probables des derniers événements, et M. de Tolstoy discutant avec moi sur le passage du Rhin et l'invasion de la France, me dit : « Vous pouvez « tenir pour certain que la paix ne se fera qu'à ce Paris, après que nous vous aurons rendu dans «votre capitale, la visite que vous nous avez « faite à Moskou. — J'espère, lui dis-je, que vous « rencontrerez de plus grandes difficultés que « celles que nous avons surmontées. » M. de Klenau nous dit qu'il avait envoyé la capitulation au quartier général des souverains alliés ; mais il n'exprima pas le moindre doute que sa conduite ne fût approuvée ; et il n'avait été nullement question d'attendre cette approbation pour exécuter toutes les clauses de ladite capitulation. Il fut convenu que le général comte Durosnel, gouverneur de Dresde, et moi, nous nous rendrions directement en France pour rendre compte à l'empereur. En conséquence, -on nous délivra des passe-ports et on nous fit accompagner par un officier autrichien pour nous servir de sauvegarde. Nous partîmes en poste , n'em-
54o VIOLATION DE LA CAPITULATION.
menant avec nous qu'un petit nombre de personnes. De mon côté , j'avais avec moi mon gendre le baron de Saint -Didier, et mon aide de camp le chef d'escadron Poncet. M. le maréchal Saint-Cyr partit en même temps avec son étatmajor et ses équipages , suivant la marche de la troisième colonne.
Notre voyage fut très-heureux et sans obstacle jusqu'aux bords du Rhin. Nous nous étions arrêtés quelques instants à Carlsruhe, et nous avions dépassé Rastadt, lorsque nous fumes arrêtés à Ettlingen par un officier de l'état-major des alliés, le comte de Paer, aide de camp du prince de Schwartzenberg que nous avions connu à Paris. Il nous annonça avec beaucoup de politesse que la capitulation de Dresde n'ayant point été ratifiée par les souverains, il avait reçu l'ordre de s'opposer à notre rentrée en France, et de nous conduire au quartier général du général Giulay qui se trouvait à Baden. Nos protestations contre cette violation furent inutiles, et le lendemain nous rétrogradâmes et nous arrivâmes de bonne heure chez le général Giulay. Celui-ci nous reçut fort bien , nous fit servir du café et nous annonça qu'il avait ordre de nous envoyer au quartier général des souverains à Francfort, d'où vraisemblablement nous serions ramenés à Dresde ; que M. le maréchal Saint-Cyr