LE CHEVALIER DE PUYSEGUR
M. de Puységur, comblé de témoignages d'affection, est mort presque dans les bras de M. le comte d'Artois. Il n'était point arrivé avec lui en France et à Paris; resté en Angleterre pour y terminer quelques affaires du prince, il ne le rejoignit au pavillon Marsan que vers la fin de mai. Il fut nommé capitaine de Tune des deux compagnies des gardes de Monsieur. Mal* gré la différence de nos opinions, je trouvai mon ami aussi modéré dans les siennes que je l'avais toujours été dans mes opinions constitutionnelles depuis le commencement de la révolution. Nous nous entendîmes fort bien, et nos communications furent dès ce moment aussi franches que notre amitié. Il me présenta à Monsieur, qui m'accueillit avec une extrême bonté et me té-
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moigna le désir de me voir appelé à quelque place importante dans le gouvernement. Par une suite de cette disposition bienveillante, Monsieur me fit appeler à Saint-CIoud , où il s'était retiré pour soigner sa santé. 11 me reçut dans le cabinet de l'empereur Napoléon. Tout ce qui y était me rappelait comme un songe d'autres temps et d'autres circonstances. Le prince me fit beaucoup de questions sur l'armée, auxquelles il me fut facile de répondre.
J'indiquai, selon mes lumières et mon expérience, les moyens de se concilier l'affection des