‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 212 sur 247 · AUDIENCE 0E M. LE COMTE 0' ARTOIS · texte numérisé non relu

AUDIENCE 0E M. LE COMTE 0' ARTOIS

braves et de garder une mesure raisonnable dans l'accord de leurs intérêts, de leurs justes prétentions avec celles du petit nombre d'officiers émigrés dont les services pouvaient encore être utiles. J'exposai les dangers d'un changement de système par rapport à l'armée , et tout le parti qu'on en pouvait tirer pour l'affermissement du nouvel ordre de choses. Passant ensuite à des considérations plus générales. Monsieur me demanda ce que je pensais de l'esprit public par rapport à la restauration de l'ancienne dynastie ; j'hésitai d'abord, et je me défendis de répondre d'une manière positive. Le prince m'encouragea à lui dire franchement toute ma pensée : « Eh « bien, Monseigneur, lui dis-je, vous avez vous- « même par un mot mémorable résolu cette « question. On m'assure que vous avez dit en « entrant à Paris, et comme un digne fils « de Henri IV : — « Il n'y aura rien de changé; il « n'y a ici qu'un Français de plus. » — Ne perdez (c jamais de vue ce noble engagement. Oubliez le « passé, vous n'avez besoin d'aucun souvenir. « Considérez-vous comme une nouvelle race « nouvellement adoptée par la nation : vous avez « à la conquérir. Des trois générations que vous « trouvez sur le sol français, une seule, celle à « laquelle j appartiens, et de beaucoup la moins « forte et la moins nombreuse, reconnaît ses

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