AUDIENCE DE M. LE COMTE D* ARTOIS
« anciens souverains sous le gouvernement des- « quels s'écoulèrent leur enfance et leur jeunesse. « Les deux autres générations ne vous connaissent « pas. Us ont vu dans leur jeune âge éclater la « révolution, ou bien ils sont nés avec elle pendant « les jours d'orage où rien ne rappelait l'ancienne « dynastie. » Le prince reçut avec un mouvement de surprise, mais sans montrer de mécontentement, un discours qui lui semblait audacieux. J'insistai avec force sur la nécessité d'entrer sans arrière-pensée dans les intérêts nationaux, non tels qu'on pouvait se les figurer d'après d'anciennes données , mais tels que la révolution, le laps de temps et les événements les avaient faits. J'ajoutai que, dans ma conscience, je pensais qu'il n'y avait que ce moyen d'étouffer les derniers germes de républicanisme et d'affermir la monarchie limitée. Je développai cette proposition en l'appliquant à la formation et au régime de la nouvelle cour, à l'ordre administratif et à l'armée.
Le prince parut satisfait de ma sincérité, et voulut bien me dire qu'il la considérait comme une preuve non équivoque de mon dévouement. Un peu plus tard, il me le témoigna par une insigne faveur, en appuyant la proposition que fit l'abbé de Montesquiou au roi, de me faire nommer ministre de la marine lorsque la