DISGRACE DU MARÉCHAL SOULT
à Lyon , malgré les efforts du maréchal Macdonald et la présence du comte d'Artois , accrurent bientôt les alarmes et la confusion.
Dégagé de mon serment envers l'empereur, et lié par celui que j'avais prêté au nouveau gouvernement et à l'ancienne dynastie , je souhaitais qu'on pût s'opposer à cette étrange invasion , et j'étais disposé à concourir à une juste résistance , si l'on jugeait à propos de m'y employer. M. le maréchal Soult , sur la conduite duquel les courtisans effrayés et criant à la trahison avaient jeté d'odieux soupçons , remit au roi le portefeuille de la guerre , et fut remplacé, sur la proposition de l'abbé de Mon tesquiou , par le général Clarke ( duc de Feltre ), dernier ministre de la guerre sous l'empire. On ne pouvait faire une plus grande faute dans des circonstances si critiques, que celle de dégoûter et d'écarter un homme tel que le maréchal Soult. Je suis convaincu qu'il aurait servi la cause royale avec vigueur, qu'il aurait prévenu de grandes défections, donné au roi et aux princes des conseils énergiques , et vraisemblablement arrêté l'empereur dans sa marche, avant qu'il eût atteint la capitale. Le duc de Feltre ne pouvait avoir sur l'armée l'ascendant nécessaire dans une telle crise. En exprimant mon opinion à l'abbé de Montesquiou sur l'issue trop probable des me-