‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 225 sur 247 · CHUTE DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

CHUTE DE NAPOLÉON

corruption dans les conseils, l'exagération des mesures désespérées, la méfiance, les défections amenèrent en peu de jours la dissolution d'un état de choses tout provisoire, qui n'avait aucune base et dont les essais imparfaits avaient été livrés au sort des armes.

L'abdication de Napoléon en faveur de son fils, acte qui ne pouvait avoir aucune exécution, mit le comble à la confusion. Il essaya de reprendre le commandement de l'armée, qui s'était retirée sous Paris et que poursuivaient vivement l'armée prussienne sous les ordres de Blùcher et l'armée anglaise sous ceux de Wellington. On parvint à le détourner d'une résolution qui ne pouvait qu'aggraver les malheurs d'une invasion inévitable, et n'avoir d'heureuse issue pour lui que de lui faire rencontrer une mort glorieuse, qu'il souhaitait sans doute. Il se décida à quitter la France. Il put et ne voulut pas se séparer des plus fidèles compagnons de son infortune, honorable sentiment pour eux et pour lui. 11 osa compter sur la loyauté de la nation anglaise, et celle-ci fut trahie par un ministère corrompu, qui, s'avilissant jusqu'à servir d'instrument de vengeance, imprima au caractère anglais, par la plus infâme violation du droit des gens et des lois de l'humanité, une tache ineffaçable.

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