TRAVAUX HISTORIQUES
1816, la dissolution de la chambre de 181 5 et la formation du ministère à la tête duquel était le duc de Richelieu.
Dans ces circonstances, écarté des affaires publiques, qui avaient été pendant tout le cours de ma carrière ma principale occupation , je résolus d'employer mes loisirs à continuer mes Essais historiques, sous le titre de Précis clés événements militaires, que j'avais commencés à Hambourg, et dont j'avais publié deux volumes par cahiers, sous la forme périodique. Je me livrai tout entier à ce travail. Je refondis les deux premiers volumes pour rectifier des erreurs qui m'étaient échappées à cause de l'insuffisance de documents certains, et pour diviser la matière par chapitres et selon le plan général que je m'étais tracé. J'ai continué cet ouvrage, dont j'ai publié à peu près deux volumes chaque année , jusque vers le milieu de l'an 1826, époque à laquelle la faiblesse de ma vue m'a forcé de l'interrompre. L'ensemble de l'ouvrage est de dix-neuf volumes ; il comprend l'histoire des événements politiques et militaires depuis la reprise des hostilités après le congrès de Rastadt en 1 798 jusqu'à la paix de Tilsitt au mois de juillet 1 807. Cet ouvrage a été fort bien accueilli, même dans l'étranger, et je dois sans doute cet avantage à l'impartialité dont je m'étais
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fait une loi , et aux soins scrupuleux que j'ai mis k consulter les documents soit officiels, soit polémiques, qui ont été publiés chez les différentes nations. On m'a traité avec beaucoup d'indulgence, et je ne me fais point illusion sur les défectuosités de mon ouvrage. Si j'avais pu le continuer, et achever de remplir la tâche que je m'étais donnée, j'aurais voulu, dans une nouvelle édition, corriger des fautes, étendre des parties trop resserrées ; je me serais éclairé par les témoignages de plusieurs écrivains contemporains qui, tels que les généraux Lamarque , Pelet, Guillaume de Vaudoncourt , le baron Fain, le comte de Las Cases, les généraux commentateurs des Mémoires de l'empereur Napoléon , et beaucoup d'autres, ont concouru avec moi à fixer les glorieux souvenirs des armées françaises. Les écrivains étrangers offrent encore une mine riche à exploiter.
Ces occupations remplissaient tous mes loisirs , et je me délassais du travail en arrangeant ma maison de campagne et mon jardin de Villepinte. Je reconnus bientôt l'insuffisance de mon revenu et le poids des engagements que j'avais contractés. Voyant l'esprit départi un peu amorti, et le gouvernement ramené à la modération , je cherchai à m'en rapprocher, et à me faire employer. Je fus aussi déterminé à cette résolu-