SUCCÈS DE NOS ARMEES. *]Q
révolutionnaire du directoire; le génie et la fortune du jeune général de l'armée d'Italie avaient changé la face des affaires; son plan d'invasion , profondément conçu , exécuté en trois mois avec tant d'activité, de vigueur et de prudence, avait étonné l'Europe, démenti toutes les conjectures, et porté au plus haut degré la gloire et la terreur de nos armes. Cette puissante diversion, en arrêtant les progrès des armées impériales sur le Rhin, avait donné le temps .de rétablir l'armée de Sambre-et-Meuse, commandée par Jourdan, et celle du Haut-Rhin , où Moreau avait remplacé le traître Pichegru , qui avait donné sa démission, et cachait, dans l'obscurité de sa retraite, la honte de ses projets échoués et non encore dévoilés. Pendant que Bonaparte triomphait, sur l'Adîge, des efforts redoublés de l'Autriche; pendant qu'avec les trente mille soldats intrépides que l'ascendant de son génie avait électrisés, il détruisait la troisième armée qu'on eût pu lui opposer, Jourdan et Moreau, rompant l'armistice, passaient le Rhin à Dusseldorf, à Neuwied et à Strasbourg; ils débordaient les ailes de l'armée de l'archiduc, pénétraient dans les vallées du Necker et du Mein, et forçaient l'armée aùtrichienne, quoique numériquement supérieure, à se retirer sur la vallée du Danube et sur la frontière de la Bohême.