FRUCTIDOR. I J
« vais essayer de nous tirer d'ici. » Mon costume, mon chapeau militaire et le sabre que j'avais sous le bras , me donnaient toute l'apparence d'un officier. Après avoir fait encore quelques pas autour des derniers faisceaux, et n'apercevant aucun officier de marque , j'allai d'un pas ferme droit à la grille , m appuyant toujours sur mon compagnon. Les quatre sentinelles, deux de notre garde j qui auraient dû me reconnaître, et deux des troupes de ligne, mirent en travers de la grille entrouverte les crosses de leurs fusils, et me dirent : On rie sort pas! Alors, jurant avec colère, je poussai leurs armes d'un coup de pied, et, passant entré eux, je m'arrêtai de l'autre côté de la grille, et leur dis en me retournant : « F. ... .! voilà deux fois que vous chan- « gez de consigne ; appelez-moi le caporal. i> Pendant qu'ils me répondaient, je m'éloignai tout doucement; je revins un peu sur mes pas, suivant, en allant et venant, la marche de la sentinelle extérieure, qui était sous le passage du cul-de-sac Dauphin; et quand cette sentinelle se retourna datos le sens contraire, me trouvant dégagé, ainsi que mon compagnon, je l'abandonnai et je m'enfuis au pas de course, en suivant la rue de l'Échelle.
Je m'arrêtai dans la rue Sainte-Anne, et voyant que je n'étais pas suivi, je me mêlai à un groupe