‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 90 sur 247 · MARCHE SUR TRENTE · texte numérisé non relu

MARCHE SUR TRENTE

Les Autrichiens n'abandonnèrent cette position que par suite du mouvement rétrograde auquel les contraignaient les progrès du généra] Moreaù dans la haute Autriche, et ceux des deux divisions que le général Macdonald faisait pénétrer dans le bas Engadin , et par Nauders et Glurens dans la vallée de l'Àdige, sous les ordres du général Baraguay-d'Hilliers.

Pendant que ces diverses attaques, si bien combinées ., forçaient l'ennemi à évacuer précipitamment tout le haut Tyrol , le général Macdonald redoublait d'activité pour surmonter les obstacles qui semblaient se multiplier devant nous, pour arriver dans la vallée de l'Adige v et couper la retraite au corps de La u don qui s'y était engagé. Je secondai avec zèle et succès les efforts du général en chef, déjà parvenu jusqu'au lac d'Iseo. Il me chargea d'ouvrir la marche pour passer, avec l'avant-garde que commandait lé général Rey , le glacier qui sépare le val Cammônica du val Trompia. Ce passage fut extrêmement pénible; il fallut, en quelques endroits, entailler dans la masse de glace, un véritable escalier, pour pouvoir faire défiler la cavalerie. L'ardeur et la constance du soldat surmontèrent ces difficultés. Le reste de l'armée suivit. Après être descendu . dans le val Trompia , je rencontrai à la Rocca (TAnfo un corps italien d'environ deux

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mille hommes, commandé par le général Lecchi, qui avait reçu Tordre de se réunir à l'armée des Grisons. Ce corps de Lecchi se trouvant en tête de notre division d'avant-garde, le général Macdonald m'envoya l'ordre de le diriger sur Trente, mais de le retenir sur la rive droite de FAdige , jusqu'à ce que les troupes de l'armée eussent commencé à déboucher, et que le général en chef s'y trouvât de sa personne. Pour m'assurer par moi-même de l'exécution de cet ordre important, je me hâtai de rejoindre le général Lecchi qui, parti de la Rocca d'Info au moment où j'y étais arrivé, avait gagné une marche sur les troupes de l'armée des Grisons. Je fis quarante milles tout d'une traite sans pouvoir l'atteindre : lorsque j'arrivai devant le pont de Trente , il était trop tard : le général Lecchi avait témérairement brusqué l'attaque du pont défendu par l'arrièregarde du corps du général Davidowich. La légion italienne avait perdu beaucoup de monde à cette attaque, et Lecchi, forcé d'y renoncer, avait passé FAdige au-dessus de la ville , sur un pont de radeaux. J'y passai moi-même, et portai au général Lecchi l'ordre du général en chef, de pousser des reconnaissances dans la direction de Roveredo.

Le général Macdonald allait recueillir le fruit de ses efforts , si la fortune et le manque de

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