MADAME TALLIEN 35 I
mort ? Peut-il avoir oublié que celui dont je porte le nom a nourri vos enfants pendant toute votre captivité. Ces enfants, Tes siens aujourd'hui, il ne les a sans doute pas consultés avant de vous interdire ma présence. Il n'était pas consul alors que je partageais avec vous
Mais pardon, Joséphine^ pardon !
« Ici des sanglots l'interrompirent.
— Calmez-vous, ma chère Thérézina ; laissons passer le premier orage, et tout s'arrangera. Mais gardonsnous de l'irriter davantage. Il en veut beaucoup à Ouvrard, et l'on dit que vous ne recevez que lui.
— Eh ! veut-il donc, reprit Thérézina indignée, parce qu'il gouverne la France, tyranniser aussi nos cœurs ? Faudra—il sacrifier tout, jusqu'à nos affections les plus intimes et les plus chères? »
Comme elle achevait ces mots, on frappa à la porte. C'était Eugène de Beauharnais qui venait chercher une de ces dames.
« Partons, lui dit-il : voici une heure que vous êtes absente; le conseil est peut-être fini : que dirait le premier Consul s'il ne vous trouvait pas en rentrant?
« Nous nous éloignâmes à petit bruit, M™** R*** et moi.
a Quittons ce bal, me dit-elle en descendant ; ce que nous pourrions y voir ne vaudrait pas ce que nous venons d'entendre.
— L'une de ces dames était Joséphine, celle qui allait, bientôt après, être saluée du nom d'impératrice; l'autre était M™® Tallien, aussi célèbre par son extrême beauté que par ce caractère énergique à qui la France dut le renversement de Ropespierre^ »
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