FIN D UNE AVENTURE
publièrent. Bonaparte même s'en amusa et en plaisanta son ministre dont les^habitudes n'étaient pas plaisantes, comme chacun sait.
On se doute bien que Tordre de rappel de Dubois fut expédié avec la même promptitude que l'avait été celui de son départ. Notre poète tomba de son commissariat général comme Sancho du gouvernement de son île, et redevint Grosjean comme devant. Mais les trois cent mille francs avaient été comptés, les rentes achetées, et lorsqu'il retourna à Paris, il y put continuer en paix le commerce des muses, et ne manqua pas de parasites pour applaudir à ses vers en partageant ses dîners, dont les mines de l'île d'Elbe payaient largement les dépenses. » — Ainsi parla le comte de Saint-Marsan, auquel je laisse la responsabilité de l'anecdote. L'ancien terroriste Fouché était si bon courtisan
Sans être aussi rapide, la fortune de M. Cast... fut cependant telle qu'il put s'applaudir d'avoir courageusement entrepris le voyage de Vienne. Il plut au comte de Witt, qui lui donna l'emploi de son secrétaire. Après être venu me faire part de son heureuse fortune, ce jeune homme alla, le soir même, au théâtre Léopoldstadt, et fut arrêté par la police, très sévère à Vienne envers les étrangers. 11 se défendit, fut accablé de coups, garrotté et jeté dans un cachot en attendant information. Amené le lendemain devant le magistrat, il se réclama de son patron improvisé, le comte de Witt, attaché à l'empereur de Russie, et, sur le témoignage du général, on le mit en liberté. N'ayant pas de passeport, un jour plus tôt il eût été conduit, comme vagabond, hors des frontières d'Autriche.
J'ai su depuis, par l'abbé Chalenton, le précepteur de MM. de Polignac, que M. Cast..., ayant suivi le comte de Witt en Russie, s'était marié à Tulczim avec une demoiselle bien née qui lui apporta en dot une rente de deux mille ducats de Hollande, et qu'à cette occasion l'abbé, précepteur alors des enfants de la comtesse Potocka, conduisit la future à l'autel. M. Cast. . .
5o SOUVENIRS DU CQNGRÈS DE VIENNE
retourna par la suite à Lyon en un meilleiir équipage qu'il n'en était sorti trois ans auparavant.
Ainsi, grâce à une résolution courageuse, jui aussi, ij aura recueilli sa part des libéralités de la fortune au conçrès de Vienne.
Qui pourrait, après cela, nier l'influence du hasard sur nos destinées et Tutilité des lettres de recommandation ?