CHAPITRE VII
Réunion à la cour. — L'impératrice d'Autriche. — La société des troubadours. — La comédie de société. — L'impératrice de Russie. — Le prince Léopold de Saxe-Cobourg. — Les Esterhazy. — Les tableaux en action. — Romances de la reine Hortense. — Les moustaches du comte de Wurbna. — Les romances en action. — L'orpheline des prisons. — Diplomatie et Danse. — Bal et souper à la cour.
Les fêtes succédaient aux fêtes sans interruption ; il semblait qu'on regardât comme perdus les instants qui n'étaient pas donnés au plaisir. Tous les huit jours, il y avait grande réception et bal à la cour. Obéissant à l'impulsion venue d'en haut, les sommités de la société autrichienne avaient leurs jours fixes où elles recevaient aussi, dans leurs salons, ces milliers d'étrangers que les affaires, et surtout les plaisirs, avaient attirés k Vienne. Les lundis, on se réunissait chez M"° de Metternich ; les jeudis, chez le prince de Trautsmansdortî, grand écuyer ; les samedis, chez la belle comtesse Zichy. De leur côté, pour reconnaître cette gracieuse hospitalité, tous les ambassadeurs et représentants des grandes puissances répondaient par des fêtes au brillant accueil qui leur était fait : grâce à cet échange continuel, les journées s'écoulaient sans qu'on les comptât, et chacun semblait avoir adopté cette maxime : Il faut être heureux ; c'est le pi^emier besoin de l'homme.
L'impératrice d'Autriche était, en quelque sorte, l'âme de cette succession de bals, de banquets, de réunions, de mascarades, etc. Née en Italie, et issue de cette illustre maison d'Esté, célébrée par l'Arioste et le Tasse, elle avait reçu en héritage, de ses ancêtres, le goût et l'instinct de tous les arts. Sa bonté était extrême : sa fraîche imagination se complaisait dans ces joyeux détails. Deux artistes français, M. Isabey et M. Moreau, architecte rempli de talent, étaient ses