XII NOTICE
OÙ la société élégante de Saint-Pétersbourg Taccueillit cordialement. En 1810, il y faisait paraître un livre de poésies qui obtint le plus grand succès. Appelé ensuite en Pologne par le comte Félix Potocki, il y recevait une hospitalité généreuse qui lui permit de se livrer à de nombreux travaux littéraires ; dans le but de témoigner sa reconnaissance à ses hôtes, il traduisit en vers français le poème que Trembecki avait dédié à l'épouse bien-aimée du comte, la célèbre Sophie Potocka.
De la superbe Sophie, née dans le faubourg du Fanar, à Constantinople, et qui eut une singulière « carrière de beauté », il est souvent question dans les Souvenirs du Congrès de Vienne. Elle épousa d'abord le comte de Witt Cde la famille du Grand Pensionnaire de Hollande et au service de Russie), qui l'enleva à un secrétaire de l'ambassade de France à Constantinople ; le comte Félix Potocki l'enleva à son tour à M. de Witt et l'épousa, grâce à une annulation complaisante du premier mariage. La comtesse Sophie, célèbre dans toute l'Europe — elle avait fait admirer ses beaux yeux à Versailles — menait un train royal dans ses terres de Tulczim, et y recevait les émigrés français avec un faste qui éblouit plusieurs d'entre eux. (Voir notamment les Mémoires du général comte de Rochechouart et les présents Souvenirs). Le succès de Sophiojvka fut tel que l'auteur fut proclamé à la fois membre des Académies de Varsovie , Cracovie, Munich, Londres et Naples.
Un autre témoignage flatteur devait être donné plus tard au comte de La Garde en Pologne : quand parut son poème sur les Funérailles de Kosciusko ( i ), dont plusieurs éditions n'avaient pas ralenti le succès, le
(i) Paris, 183o, chez Treuttel et Wûrtz.