ÉTABLISSEMENT DES FRÈRES MORA.VFS
ses lois j fait les règlements nécessaires , arrêté les comptes, assis et réparti Fimpot, procède à la nomination de nouveaux elders, inspecteurs et députés y ou continue les anciens dans leurs fonctions. S'il y a dissentiment dans le synode sur quelques points, avant de voter au scrutin , ils prient le Seigneur de les inspirer et de faire connaître sa volonté. L'avis de la majorité étant considéré comme la voix de Dieu , chacun s'y soumet avec docilité et humilité.
L'uniformité de ce régime, la rigidité de la règle, laissent dans l'esprit de l'étranger observateur une impression de tristesse. Les hommes, dont la contenance est toujours grave, sont presque tous pâles, quoique en général bien conformés; les femmes, au contraire , ont le teint plus animé, et j'en remarquai de fort jolies.
Les événements de la guerre dans l'Amérique septentrionale avaient attiré , pendant la campagne de 1781 , toute l'attention des deux puissances belligérantes. Une espèce d'armistice de fait leur avait succédé > et c'était sur un autre théâtre que se portaient tous les efforts. Nous apprenions par les nouvelles de France qu'on préparait un grand convoi et des renforts pour les Antilles, afin de mettre le comte de Grasse en état de soutenir la lutte contre la flotte anglaise sous les ordres de l'amiral Rodnev. Les dernières
98 OPÉRÂT. ET DJÊFAITE DE l'aMIRAL DE GRASSE.
opérations auscquelles Tarinée auxiliaire de M. de Rochambeau aurait pu concourir pour achever d'expulser les Anglais du continent, étaient dif^ férées, et dépendaient sans doute du succès de celles du comte de Grasse : mais la fortune changea. Le grand convoi, sous l'escorte de M. de Guichen , fut dispersé par la tempête. Les Anglais réunirent toutes leurs forces navales aux îles du Vent; et le comte de Grasse, malgré l'infériorité de la flotte française, hasarda de mettre en mer pour convoyer les troupes de M. deBouillé, qui devaient se réunir à Saint-Domingue aux troupes espagnoles sous le commandement de D. Galvez. L'amiral Rodney, manoeuvrant pour couper la flotte française de son convoi , ne put atteindre que le vaisseau le Zélé y le plus mauvais marcheur de l'arrière-garde. Le comte de Grasse voulut le sauver, et engagea son avant^garde sous les ordres du marquis de Vaudreuil. Les Français eurent l'avantage dans ce premier combat, le 9 avril 178a; mais l'amiral Rodney, continuant de le suivre et ayant gagné le vent, engagea le 12 une action générale, dont le résultat fut dé* sastreux pour la flotte française. Le vaisseau amiral, la Ville de Paris, et six autres, furent désemparés et pris après la plus glorieuse résistance. Lorsque cette nouvelle nous parvint par les rapports de l'ennemi, le congrès venait de recevoir