‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836 (volume 2)Chapitre 3 sur 102 · C" MATHIEU DUMAS · texte numérisé non relu

C" MATHIEU DUMAS

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Dbpuis que l'affaiblissement de ma vue m'a forcé d'interrompre le travail auquel j'avais consacré mes derniers loisirs, tu me pressais, de concert avec mes vieux amis, de fixer mes nombreux souvenirs , et de laisser quelques traces d'une longue carrière et d^une vie dont le cours n'a été que trop rempli de mémorables événements. Ne pouvant plus étudier moimême les documents originaux de l'histoire militaire , ne pouvant plus les confronter avec les cartes géographiques et topographiques , rectifier et bien asseoir mon jugement avant I. 1

a LETTRE A MON FILS.

de rien écrire ; enfin , ne pouvant plus corriger de ma main , et réduit au travail mental toujours imparfait y je me défendais avec raison d'une entreprise qui me paraissait être au-dessus dé mes forces. Je dois avouer aussi que Pinexaô^ titude, l'infidélité de cette foule de mémoires particuliers dont nous avons été inondés, et dont l'histoire contemporaine se trouve comme obstruée , m'avait inspiré un insurmontable dégoût. Il tne semblait que mon témoignage , inutile et faible tribut , irait se perdre dans ce chaos, où tant de jugements hasardés, tant de rapports mensongers, tant de calomnies dictées par l'esprit de vengeance et par l'animosité des partis , ne laisseront peut-être jamais percer la lumière de la vérité; et, cependant, je n'avais garde de confondre dans cette espèce de proscription générale le petit nombre d'ouvrages de ce genre qu'une religieuse impartialité ^ autant que la clarté et la pureté du style, doivent toujours faire considérer comme les éléqaents les plus précieux et les plus intéressants de l'histoire de notre âge.

Ils sont , en effets en bien petit nombre ces

mémoires dont mon honorable ami le comte

de Ségur nous a donné un si parfait npipdèle. En me hasardant à l'imiter^ je cède à ses conseils autant qu'à tes vives instances , et je ne

LBTTilBA MON FIU. 3

saurais mieux exprimer les moti& qui ine détertninetit , et les sentiments dont je suis animé en entreprenant cette tâche , qu'en transeritant ici (quoique j'en dusse rougir de pudeur, et que j'attribue aux préventions la manièl^ dont il s'exprime) la lettre qu'il m'écrivît en m'envoyant ses mémoires.

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