‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836 (volume 2)Chapitre 31 sur 102 · ASSUMÉ HISTORIQUE · texte numérisé non relu

ASSUMÉ HISTORIQUE

par la lecture des voyageurs et des géographes qui ont recueilli les principaux traits de l'histoire ancienne et moderne de cette contrée. J'avais écrit un précis pour me servir de guide, en réduisant à trois époques principales tout ce que j'avais pu recueillir de documents. La première comprenait l'histoire héroïque de la Crète et les fables mythologiques si connues; la deuxième, sa conquête par les Romains, et la domination de ceux-ci jusqu'au démembrement de l'empire; la troisième , enfin, son histoire moderne depuis les empereurs grecs jusqu'à la conquête par les Turcs, à la fin du dix*septième siècle.

Je me garderai bien de reproduire ici , même sommairement, ce qui est relatif aux deux premières époques, pendant lesquelles on voit ces insulaires, avant de succomber sous le joug pe« sant des Romains, défendre constamment leur indépendance et les sages institutions de Minos, qui ont servi de modèle à tous les législateurs de la Grèce. Mais la dernière époque offre un in* térêt plus prochain, et je crois nécessaire d'en présenter ici une esquisse rapide, parce qu'elle explique les causes de la situation dans laquelle je trouvai l'île de Crète.

Au commencement du huitième siècle, les Maures établis en Espagne, profitant de la faiblesse des empereurs grecs, armèrent une flotte

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considérable, et, après avoir ravagé les Cyclades^ descendirent sur l'île de Crète. Cette île était dès lors appelée Candie à cause de ses montagnes toujours couvertes de neige, qu'on a depuis appelées montagnes blanches. Les Maures s'emparèrent aisément de la plus grande partie de l'île, et ne furent arrêtés que par les forteresses de Gortine et de Cydonie, aujourd'hui la Canée. L'empereur Michel Paléologue essaya vainement de reprendre cette importante possession; dès la première campagne , sa flotte fut presque entièrement détruite par les Sarrasins. Son amiral, Cratère, qui, dans la seconde campagne, avait d'abord remporté quelques avantages, fut battu par les barbares qui le firent prisonnier et le crucifièrent. Vers cette époque, les Sarrasins qui infestèrent les mers de l'Orient bâtirent la ville de Chandace, qui devint, et est encore aujourd'hui, sous le nom de Candia, la capitale de l'île. Son port, qui avait été longtemps le chantier des habitants de l'ancienne ville deGnosse, fut aussi celui des Sarrasins.

Cinquante ans après la défaite de Cratère , l'empereurBasileleMacédonien, battu commecet amiral, fut près d'éprouver le même sort. Malgré ce revers, il renouvela ses attaques et força ces barbares à lui payer tribut. Enfin , l'empereur romain Nicéphore Phocas le jeuiie , arrière-petit-fils de

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