RETIMO
très-considérable^ qui jaillissait du pied de la montagne et allait se jeter dans la mer à un quart de lieue de sa source; on m'assura que dans les plus longues sécheresses, cette source, que j'estimai à plus de huit pieds cubes de volume d'éau, était toujours aussi abondante. On ne peut pas douter que ce ne soit une rivière souterraine : l'endroit d'où elle sort se trouve placé entre deux ravins , dans le fond desquels les eaux auraient dû naturellement se porter si elles n'étaient contenues dansleur lit; cette eau est excellente, et comme elle jaillit, en bouillonnant à travers les rochers, l'effet en est très-pittoresque. Il était nuit quand nous arrivâmes devant Retimo; les portes de la forteresse étaient déjà fermées, et je dus pousser deux milles plu.^ loin pour trouver un mauvais gîte au village de PerwoUa ou des Jardins. J'entrai dans la ville le 6 novembre, jour du (^«rbam-Bejram, grande fête des Turcs. Je fus arrêté à la porte par des janissaires de la garde qui m'aspergèrent d'eau de rose çt me rançonnèrent; je ne perdis pas un instant pour reconnaître cette place et son port; mais, quelques précautions que j'eusse prises, on sut bientôt qu'un étranger se promenait autour de la ville et faisait sonder le port. Le juif chez lequel j'étais descendu fut mandé et menacé; le musselin voulut même nous faire arrêter; heureusement M. Magallon était