‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836 (volume 2)Chapitre 5 sur 102 · LETTRE A MON FILS · texte numérisé non relu

LETTRE A MON FILS

<c plus, en goûtant cette jouissance , vous reoi"* ft plirez un devoir; car, à mon avis, lorsqu'on a a traversé une révolution comme la nôtre , on « doit la vérité à sa patrie , à sa famille ; il faut « leur faire part des fruits de son expérience ; ce enfin , on se doit à soi-même de se faire con- « naître tel que Ton a été, afin que tant d'écri- «vains ignorants, malveillants, ou légers, ne a puissent pas tromper la postérité , nous attri- <( buer des fautes que nous n'avons pas commises, <c des erreurs dans lesquelles nous ne sommes a pas tombés, ou nous priver de l'honneur qu'ont « pu nous mériter des actes de courage, de grands « services rendus et de bonnes actions. Nous ne « pouvons empêcher, ayant été hommes publics, « que cette postérité ne trace notre portrait ; ta- « chons au moins qu'il soit ressemblant.

« Adieu , mon cher et ancien compagnon d'ari< mes ; il est presque inutile que je vous renou- « velle l'assurance de ma tendre amitié.

« Le comte de Siégur. »

Voici donc, mon cher fils, la narration fidèle des événements qui se sont passés sous mes yeux , et auxquels j'ai pris quelque part selon les situa* tions diverses dans lesquelles je me suis trouvé

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