LIVRE PREMIER
Débuts. — Entrée au service, en 1778. — Mort de Louis XV. — Études et travaux dans les Alpes. — En Flandre. — Reconnaissance des ports ie la Maçcfap. -^ Gperre (CQptrv l'Angle terre. — Camp dç Vaussieux. — Préparatifs de despente j^n Angleterre. — Insuccès de la campagne de mer. — Abandon du projet d'embarquement.
Il n'appartient qu'au très-petit nombre d'hommes que de grands talents , d'éminenta services rendus à leur pays, ou même les caprioes de la fortune, firent distinguer de la foule de leur» contemporains, d'inspirer assez d'intérêt pour appeler sur les premières années de leur vie l'attention de ceux qui leur survivent; on se plaît à suivre leurs premiers pas ; on cherche à découvrir le germe des qualités dont ils furent doués ; on aime à les voir grandir en s'avançant dans la carrière et dans le siècle qu'ils ont illustré : je passerai donc rapidement sur les circonstances peu remarquables de mon enfance,
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de mon éducation et de ma première jeunesse.
^près avoir, à l'âge de quinze ans, achevé mes études à Montpellier, ma ville natale, mon père m'envoya à Paris, et me plaça dans l'école préparatoire dirigée par M. Berthaud et la plus renommée alors pour les élèves iqni se destinaient aux armes du génie et de l'artillerie. Vers la fin de l'année 1770 je subis un premier e:Kamen sous M. l'abbé Bossut pour entrer à l'école d'application de Mezières; mais le nombre des plans ayant été réduit, et le second examen différé, mes par^its préférèrent de me faire entrer dans l'infanterie; je fus nommé sous-lieutenant au régiment de Médoc, que je rejoignis à Montauban, au printemps de ^773. Une fausse disette excita à cette époque des soulèvements dans le midi de la France; la sédition fut très-vive à Montauban et ne fut réprimée qu^avec beaucoup de peine pair Feraploi de la force armée. On pouvait pressentir dès lors à quels excès cette population turbdleate était capable de se porter, et combien les liens de l'obéissance étaient déjà relâchés.
Le régiment dont le marquis de Mauroy venait d'obtenir le commandement fut envoyé à Briançon : l'année que j'y passai est celle de ma jeuaesse que j'ai le plus utilement employée. Chargé de rinstrûction et du détail d/e qudques compagnies dans un des forts, pendant un long et rigoureux