ETUDES ET TRAVAUX
hiver y je m'occupai beaucoup de mon métier et je me formai un système d'études militaires que j'ai toujours suivi. Je sentis et mesurai avec jus^ tesse l'importance des détails de tous genres comme éléments , et la nécessité de les* séparer de la grande partie du métier et de ses branches multipliées. Je passai des détails aux lectures de l'histoire militaire, et je pris dès lors l'habitude des applications au terrain. Je reçus de bonnes leçons d'un ancien officier très-^instruit et trèsexercé aux détails d'état-major d'armée , M. Doumet, major de la place de Briançon. Cet officier avait recueilli , corrigé et levé lui-même d'excellentes cartes militaires des Alpes depuis le mont Cenis jusques à l'embouchure du Var. Il voyageait à pied 9 et travaillait sur le terrain pendant la belle saison, si courte dans ce pays; et pendant le long hiver il faisait sur ces reconnaissances si exactes, si bien figurées, des suppositions d'opérations de guerre. Ces mémoires fort instructifs étaient des campagnes entières, et il les suivait au jour le jour comme s'il eût eu à faire exécuter les mouvem^its et les opérations qu'il imaginait, aussi réellement que les rondes de la place de Briançon.
Je suivis le travail de M. Doumet , je m'exerçai à ce genre d'application au terrain; je dessinai beaucoup; je lus les mémoires du maréchal de