‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836 (volume 2)Chapitre 73 sur 102 · MISSION £N HOLLANDE · texte numérisé non relu

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questions militaires qu'on devait y traiter. Le ministre plénipotentiaire partit en sortant du conseil, avant que nous eussions reçu nos ins* tructions; nous fîmes la plus grande diligence pour le rejoindre. Les commissaires hollandais, présidés par le célèbre Paulus, exposèrent d'abord la situation presque désespérée de leurs amis, et nous donnèrent sur les progrès de l'invasion des détails qu'on ignorait à Versailles. On y savait seulement que la ville d'Utrecht avait été occupée par les Prussiens, qu'on se préparait à Amsterdam à ouvrir les écluses et à tendre la grande inondation. On avait décidé que le marquis de la Fayette s'embarquerait à Dunkerque sur une frégate avec quelques autres bâtiments et un petit corps de troupes pour se jeter dans Amsterdam. M. Paulus n'eut pas de peine à nous prouver combien ces moyens étaient tardife et insuffisants ; il nous fallut entendre les reproches les plus amers : Les Français , nous dit-il, inutiles amis y ne peusfent plus paraitre devant les Prus^^ siens que comme de faibles ennemis. Le comte de Saint-Priest releva avec dignité ces vitupérations, et s'efforça de ranimer leurs espérances. S'il reste encore , ajouta M. de Paulus, ma^^ /w«fwr d'espoir y cest dans la défense d Amsterdam ; tous les polders y entre les grandes digues et la mer de Harlem^ sont déjà inondés y et les Prussiens y qui

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occupent sans doute tout le pays y nepeuifent s*ap^ procherde la ville quen suiifant les digues de F est et de V ouest. Il semble qu^ après ai^oir fait de si grands sajcrificeSy les accès de ht ville , sur ces deux points y pourraient être facilement et assez longtemps défendus y pour donner le temps de venir à notre secours; mais il faudrait relever le courage et la confiance des habitants , et surtout pourvoir au payement de la solde des troupes qui se sont retirées à jémsterdamy et parmi lesquelles se t rouirent les officiers et canonniers de U artillerie fran^ çaise que le roi de France nous avait envoyés secrètement; mais nous ne pouvons plus avoir aucune communicationavec Amsterdam y puisqu il faudrait passer à travers les postes prussiens, — Eh bien ! dit le marquis de Lambert , je hasarderai de le faire y et d'aller Juger par moimême de la situation de la ville et de la possibilité d!en organiser la défense.

Cette offre ayant été acceptée par les commissaires , et notre hasardeuse entreprise approuvée par le comte de Saint-Priest^ nous nous déguisâmes, M. de Lambert et moi, sous un costume de marchands de Bruxelles qui tentaient d'entrer à Amsterdam pour leurs affaires de commerce. On nous fabriqua des passe-ports ; nous emportâmes pour un million de lettres de crédit cachées sous nos perruques hollandaises. Nous partîmes le

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soir même sans prendre avec nous aucun domestique, nous traversâmes le Bisboz, et nous arrivâmes vers le point du jour à la rive droite de la grande Meuse , où nous trouvâmes un poste de hussards prussiens, qui, après avoir visité nos passe-ports, nous laissa passer sans difficulté. Nous n*en éprouvâmes aucune pour traverser Rotterdam; nous voyagions tranquillement et assez rapidement dans une des petites voitures du pays, espèce de calèche, que nous avions louée à Rotterdam. Le pavillon d'Orange était arboré sur tous les clochers et salué par les bruyantes acclamations du parti stathoudérien. Nous arrivâmes à Leyde à l'entrée de la nuit. La ville était illuminée et occupée par un corps d'infanterie prussienne, et nous apprîmes que le quartier général du duc de Brunswick était à plusieurs milles plus loin sur la droite de la route. Nous rencontrâmes quelques patrouilles de cavalerie qui ne songèrent point à noijs arrêter; mais un peu plus loin, à l'entrée d'un village, une troupe de paysans armés nous forcèrent de mettre pied à terre et nous conduisirent chez le bourgmestre où se trouvait l'officier prussien commandant le cantonnement. Nous fûmes sévèrement interrogés; heureusement on ne nous fouilla pas; mais comme nous paraissions très-suspects aux habitants qui nous avaient arrêtés , l'officier déclara L ay

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qu'il allait nous envoyer' sd' quartier général. On peut jn:

Le marquis de Lambert ('■i.n de Brunswick; il avait rtr i peu de temps auparavant, In Prusse. Nous fîmes bonne a sard aussi nous servit bien. P qui nous interrogeaient se d'éct^e qui, parlant à pcin d'interprète. L'anioiir-prn|Hi' répétait mot pour mot cr donnait plus de crédit a ur)~ duisant, nous tira d'emijaii conviction nos passc-pui i^ arrivânles à Harlem ciui ,.

triotes.

DeHarlem à Anisli I ; digue, nous eûmes Ir dation qui couvrai i tiques jardins des '

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