RAPPORTEUR DU CONSEIL DE LA GUERRE
Satisfait des relations honorables que me donnait ma place y je n'étais pas atteint par les traits de l'envie. Non moins heureux dans l'intérieur de pia famille, que madame Dumas venait d'augmenter d'une seconde fille , tout me souriait; je partageais avec d'honorables amis, mes anciens compagnons d'armes , des espérances d'un meilleur ordre de choses dans l'administration des affaires publiques. La prochaine réunion des états généraux semblait faire renaître la France à la vie des lois ; je prenais un vif et sincère intérêt aux discussions dont ce grand événement était le sujet. Je me félicitais d'être placé de ma^ nière à jouir pleinement de ce grand spectacle et de voir sceller l'alliance de l'autorité du prince et de la liberté de la nation : principatum et &bertatem. Ce fut le meilleur temps de ma vie.
Ija fermentation des esprits et les coups déjà portés aux bases des anciennes institutions pouvaient^ à la vérité, faire pressentir un ébranlement général. Les puissants effets de l'opinion publique, accélérés par la liberté de la presse et l'usage intempestif qu'on avait fait de l'autorité arbitraire, avaient détruit le prestige, usé les vieux ressorts du gouvernement. L'horizon se chargeait d'orages, et cependant la sécurité des citoyens de tous les ordres n'était point troublée. Lorsque je me représente encore aujour-