‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836 (volume 2)Chapitre 77 sur 102 · SITUATION BE6 ESPRITS · texte numérisé non relu

SITUATION BE6 ESPRITS

d'hui l'état de la société à Tépoque de la réuuion des états généraux, je ne me souviens point d'y avoir aperçu ni défiance , ni terreur de l'avenir. Jamais peut-être le reproche de légèreté et, de témérité adressé dans tous les temps au caractère français , ne fut plus mérité. On parlait de l'éta^^ blissement d'une nouvelle constitution de l'État f comme d'une œuvre facile, comme d'un événe* ment naturel. Dans l'ivresse de ces jours de fête et d'espérance y nos regards s'arrêtaient à peine sur les obstacles qu'il fallait surmonter avant de poser les premiers fondements de la liberté, avant de consacrer les principes que repoussaient l'esprit de la cour, les ordres privilégiés^ les grandes corporations , les vieilles coutumes. Mais je ne dois point oublier qu'en dictant ces mémoires, je n'ai point entrepris d'écrire l'his*toire de mon temps. Assez de matériaux sont déjà préparés ou plutôt amoncelés. Des écrivains distingués ont déjà exploité cette mine féconde; ils ont comparé les faits d'une authenticité généralement reconnue avec les relations et les dé-r positions des hommes de divers partis, de diverses opinions, témoins ou acteurs de ce drame terrible; ils ont même devancé, présumé les jugements de la postérité. Sincère selon ses propres lumières, selon ses vues politiques, selon ses affections, chacun de ces écrivains de l'his-

AVANT L'AS2>)EArilL££ ÇOJïSTiTUAWTE. 4^^?

toire de notre révolution , faisant profession d'impartialité y a prononcé son arrêt d'une manière positive, tant sur les causes générales et particulières que s)ir les effets inévitables des divers événements. Je n'imiterai point cette audace, et, me bornant à rapporter ce que je suis certain d'avoir vu et entendu dans la position où je me trouvais placé, je dirai (je le répète) : rétais là y telle chose m*adifint.

Page 1