MISSION A BORDEAUX ET A MONTAUBAIT
avaient lieu à Nîmes. Le vicomte de Mirabeau s'était rendu à son régiment en garnison à Perpignan et faisait ses efforts pour l'entraîner.
Dans cet état de choses , je fus chargé de porter à Bordeaux , à M« de Verteuil , lieutenant généra) y qui s'était distingué dans les anciennes guerres non moins par des actions d'éclat que par son caractère ferme et conciliant, et qui était très-considéré dans sa province, l'ordre de prendre le commandement supérieur dans les provinces de Guyenne, de Périgord et du haut Languedoc, et de faire toutes les dispositions qu'il jugerait convenables pour arrêter cette dangereuse explosion. Je me rendis en toute hâte à Bordeaux avec mon beau-frère Delarue, aide de camp de M. de la Fayette. Je n'y trouvai point M. de Verteuil : il était dans sa terre de Sainte- Croix. Après avoir recueilli, soit auprès des autorités, soit auprès des personnes les plus influentes, les renseignements qui m'étaient nécessaires, je ne perdis pas un instant pour joindre M. de Verteuil à Sainte-Croix. Je devais commander sous ses ordres et lui servir de chef d'état-major.
Je trouvai M. de Verteuil dangereusement malade; je lui fus présenté par son fils, capitaine au régiment de Piémont; je lui remis l'ordre du roi et les instructions du ministre, et lui expo-
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sai lobjet de ma mission et là situation de la ville de Bordeaux où la fermentation était extrême* On y préparait le départ d'une seconde division de la garde nationale. lie respectable vieillard 9 qui me paraissait très-calme ^ m'accuâllit avec bonté, m'écouta fort bien, et me dit quelques instants après : a Ce n'est rien j mon « cher colonel; avec un caporal et quatre hom- « mes 9 je me charge d'arranger tout cela. » Il mit les dépêches sous son chevet , et m'invita à me reposer. Je sortis de l'appartement avec son fils , qui, voyant comme moi l'impossibilité que son père pût remplir la mission du gouvernement, saisit un moment propice, et me rapporta les dépêches que j'avais remises au général. Je me déterminai sur-le-champ à me rendre à Moissac, et à me présenter à l'armée bordelaise comme chargé de pleins pouvoirs et sans parler de M. de Verteuil. Ce général mourut peu de jours après.
Je fus très-bien accueilli à Moissac par M. de Courpont et tons ses officiers. J'avais à la main les oi*dres du roi, dont personne ne s'avisa d'exiger la lecture. Tous demandaient à grands cris de marclier sur la ville de Montauban ; j'eus beaucoup de peine à obtenir qu'ils m'y laissassent arriver .seul , et qu'ils attendissent les ordres que je ne tarderais pas à leur envoyer. Us voulurent