‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836 (volume 2)Chapitre 94 sur 102 · RETOUR DE VARENNES · texte numérisé non relu

RETOUR DE VARENNES

robait point à la curiosité de la foule qui , de la première pièce , et sans dépasser les sentinelles , s'empressait pour voir Sa Majesté. Une heure après notre arrivée, le roi me fit appeler, et me dit : ce Dumas, a-t-on mis des sentinelles du côté (c du jardin?» Je répondis que je les avais fait poser devant moi , et que j'avais donné des consignes. «cEh bien , ajouta le roi, il y a à la suite a de cette garde-robe un escalier qui descend au «jardin : voyez où cela va.» J'y descendis, et revins rendre compte à Sa Majesté qu'il y avait une sentinelle au pied de l'escalier. Comme je me retirais, la reine me voyant passer devant sa chambre, s'avança vers la porte, et me fit signe d'approcher; je m'arrêtai sur le seuil. «Quelles «nouvelles a-t-on de Paris? — La fermenta- « tion a été grande , mais Pordre public a . été «maintenu; on attend avec impatience le retour « de Leurs Majestés. » Je saluai, et sortis pour aller conférer avec les commissaires sur la marche du lendemain , et sur la rentrée de Paris , d'après les avis donnés par M. Bailly et M. de la Fayette. Jusqu'à ce moment Leurs Majestés et la famille royale n'avaient éprouvé que les désagréments inévitables dans de telles circonstances, et l'importunité d'une immense affluence de peuple et de gens armés que des sentiments divers et surtout la curiosité attiraient sur leur passage.

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