‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 103 sur 112 · MEMOIRE AU ROI · texte numérisé non relu

MEMOIRE AU ROI

que le roi prît la cocarde tricolore, entrât dans Paris sans aucune troupe étrangère, et qu'à la tête de la garde nationale et de l'armée il traitât de la pacification intérieure et extérieure. Le maréchal joignit une lettre à ce mémoire, chargea un de ses aides de camp de porter le paquet à Arnou ville et de le remettre lui-même au roi. Le maréchal terminait sa lettre par cette phrase^: « Sire, la cocarde nationale est aujourd'hui pour ic Votre Majesté ce qu'était la messe pour « Henri IV. %« Le paquet fut remis au roi pendant qu'il était à table, il lut attentivement le mémoire et le mit dans sa poche. La question fut discutée dans le conseil des ministres en présence du roi. Il fut décidé que l'on conserverait la cocarde blanche, et qu'aux termes de la capitulation la ville de Paris serait occupée par les troupes alliées. Louis XVIII entra daii3 Paris après la retraite de l'armée au delà de la Loire. Trop certain de l'abus que ferait le parti contrerévolutionnaire de cette honteuse victoire, et ne doutant pas que ceux* qui avaient disparu pendant la crise ne montrassent )a plus ardente soif de la vengeance, je me retirai -chez moi, et, sans me dissimuler la fausse position dans laquelle m'avait entraîné la force des événements, je dus m'estimer heureux de n'être pas compris dans la liste des proscrits. Peu de temps après^

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