‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 104 sur 112 · DISGR4CE ET RETRAITE · texte numérisé non relu

DISGR4CE ET RETRAITE

mon ami le maréchal Oudinot fit à mon insu

une démarche fort obligeante auprès des princes* et leur fit connaître quelles avaient été ma position et ma conduite pendant les cent jours. Cette démarche n'eut d'autre effet que d'assurer ma tranquillité personnelle. Je ne parus point à la cour; je perdis mes emplois. Le ministre de la guerre, duc de Feltre, m'expédia ma retraite forcée, et je dus croire ma carrière politique el utilitaire aussi entièrement qu'obscurément achevée. Toute ma famille fut frappée du mérae coup. Mon frère Saint-Marcel, inspecteur général des douanes, avait déjà reçu sa retraite; et, comme il avait servi pendant quatre ans dans Tarmée autrichienne, ainsi que je l'ai dit plus haut, il avait obtenu le grade honorifique de lieutenant général; mon second frère, Saint-Ful» cran, qui était, dans le royaume de Naples, intendant de la province de Barri et maître des requêtes, fut compris dans la catattrophe du roi Joachim, et dut se réfugier en France sans espoir d'y trouver aucun autre moyen d'existence que ' mes faibles secours. Mon gendre Saint*Dîdier, ancien préfet du palais de l'empereur, restait aussi sans emploi. J'avais déjà perdu, comme tous mes compagnons d'armes, mes dotations en Allemagne et en Italie. Je ne songeai plus qu*à recueillir les débris du naufrage; je renvoyai

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