‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 11 sur 112 · ADMISSION AU CONSEIL DES ANCIENS · texte numérisé non relu

ADMISSION AU CONSEIL DES ANCIENS

tirais spontanément avant la vérification des pouvoirs 9 mon élection serait rejetée, et que je serais dénoncé et poursuivi comme émigré. Cependant le jour où Ton devait faire le rapport sur. la députation du département de Seineet-Oise, je n'hésitai point à me présenter à la séance delà convention. Tallien faisait le rapport, et j'étais un peu rassuré par la promesse qu'il avait faite à sa femme et à madame de Beauharnais, qui avait eu Tobligeance de le détourner de cette dénonciation. Ces deux dames étaient présentes à la séance dans la tribune du président. Tallien tint parole, et ne fit aucune observation particulière en proclamant les noms des quatre députés du département de Seine-et-Oise, qui furent, ainsi que moi, à cause de leur âge, désigna pour le conseil des anciens. I^ proclamation de ces noms trop connus excita bien quelques murmures, mais aucun membre ne prit la parole, et nous fûmes admis. Je n'avais plus aucune anxiété; je devais me croire définitivement réintégré dans mes droits de citoyen et de député au corps législatif. Cependant, peu de temps après la formation du conseil des cinq cents, une commission spéciale fut instituée pour faire de nouvelles recherches sur les membres des deux conseils, soupçonnés d'être sortis du territoire depuis rétablissement du gouver-

^O ADMISSION AU CONSKIL DES AKCIEITS.

tiemeiit républicain. Mon compatriote, le général Frégeville aîné, un des membres de cette commission , me prévint que son coU^^tie

M. L m'avait encore dénoncé, ainsi que

plusieurs autres personnes qui se trouvaieht à peu près dans le même cas; la commission devait en délibérer, et M. L. devait être chargé du rapport. Dans cette circonstance, je m'adressai directement à M. L pour le convaincre de la fausseté et de l'injustice d'une telle accusation, et je lui déclarai que si elle était portée à la tribune, ce serait entre lui et moi une affaire personnelle. Il me répondit que, quelle que fut son opinion, il se conformerait aux ordres de la commission. Je dus, sans doute , au général Frégeville la décision Éavorarable qui garantit pour l'avenir mon entière sécurité.

Conformément au nouvel acte constitutionnel, les deux chambres étaient composées des deux tiers des membres de la convention que le tirage au sort avait désignés, et d'un autre tiers de députés nouvellement élus; ceux-ci étaient, à peu d'exceptions près, dans des opinions franchement constitutionnelles. I^ condition de Tâge de quarante ans révolus, pour être admis au conseil des anciens, et un heureux hasard avaient retenu dans ce conseil un plus grand nombre de

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