POSITION DU PARTI CONSTITUTIONNEL. IO
hautement contre le directoire; on s'agitait, on menaçait avec insolence; nous étions encombrés d'adresses, de provocations, d'offres de service; mais rien n'était, rien ne pouvait être organisé. Nous essayâtties cependant, et pour l'acquit de notre conscience, de rétablir la garde nationale : le projet de loi passa au conseil des cinq cents et fut porté à celui des anciens; dans le discours que je prononçai à cette occasion , et qui fut le chant du cygne, je rappelai les principes de cette grande institution, qui, malgré l'abus qu'en avaient fait les divers partis et la corruption qu'on y avait introduite, était et sera toujours l'ancre de salut du gouvernement repi'ésentatif, aucune révolution ne pouvant jamais détruire la liberté et l'égalité devant la loi partout où l'institution des gardes nationales a pris racine. Je prophétisais, je déclarais au directoire qu'il allait commettre uu suicide et perdre la république. Le jour même où j'avais prononcé cette espèce d'oraison funèbre, je dînais chez madame de Staël. La brillante imagination et l'ambition defamosité de cette femme célèbre l'entraînaient toujours vers les extrêmes; elle était alors toute dévouée au directoire, malgré sa bienveillante sollicitude pour ses amis malheureux et victimes dans le dénoûment dm drame dont l'intrigue et la vivacité d'action rivaient séduite.