‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 25 sur 112 · RETOUR EN FRANCE · texte numérisé non relu

RETOUR EN FRANCE

Au mois de janvier 1800, nous quittâmes le HolsteiUy Portalis, Quatremère et moi, heureux de rentrer sur la terre natale, et pleins d'une juste reconnaissance pour le héros qui nous ren*. dait à nos familles et à nos foyers paternels : ceux qui ont souffert les maux de Texil peuvent seuls apprécier un tel bienfait. Ceux-là surtout auraient dû l'apprécier, ceux-là qui furent aussi rappelés par lui au sein de la patrie contre laquelle ils avaient porté les armes; et cependant, lorsque ce héros, leur bienfaiteur comme il fut le nôtre, tomba du faîte des grandeurs et souffrit à son tour les tourments d'un horrible exil, la reconnaissance, la pitié, le respect au malheur, ne trouvèrent aucun accès dans des cœurs endurcis par la vanité et l'ingratitude.

Je voudrais pouvoir me rappeler et transcrire ici nos entretiens pendant ce voyage, et en ÉBiire honneur à la mémoire de Portalis; mais je ne saurais passer sous silence la rencontre aussi agréable qu'inattendue que nous fîmes aux environs d'Osnabruck. Nous nous étions arrêtés pour souper, pendant qu'on préparait les chevaux du relais , lorsqu'on nous dit qu'un voyageur venant de France demandait à nous voir, quoiqu'il ne sût pas qui nous étions. C'était M. le duc de Choiseul, le mcme qui, ayant fait naufrage sur la côte de Calais, avait été, au mépris du droit

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