VOYAGE DANS LES GALABRF.S
yeux le magnifique tableau des côtes de Sicile, couronnées par le gigantesque volcan de l'Etna. Nous arrivâmes ainsi jusqu'au fort de Sila sur le détroit et en face de Messine , inquiétés seule* ment par le feu de quelques chaloupes canonnières anglaises, lorsque la seule route praticable nous forçait de nous rapprocher du rivage.
I^ prince Joseph reçut à Sila le décret impérial qui rélevait au trône des Deux-Siciles, et fut pour la première fois salué roi par le général Reynier et ses troupes, qui nous reçurent à Sila. Nous allâmes à Reggio, d'où les acclimations des habitants, le canon de réjouissance, les illuminations pouvaient être entendus et vus du port de Messine.
Jusque-là, nous n'avions presque pas quitté le littoral de la mer Tyrrhénienne , et nous suivîmes ensuite, en partant du cap de Spartiventi, extrémité de la Calabre ultérieure, le rivage de la mer Adriatique. Nous ne le quittâmes que pour aller visiter Catanzaro, ville la plus considérable de cette province : j'y retrouvai avec grand plaisir le général Franceschi Delonne, qui avait été élevé à ce grade sur le champ de bataille d'Austerlitz. Il fut particulièrement bien accueilli du roi, qui le nomma son pi*emier aide de camp. Nous allâmes de Catanzaro k Cotrone, sur le rivage de l'Adriatique. Nous continuâmes
ARRIVEE A CASERTA. H^'i
à le suivre en faisant la reconnaissance des principaux points de défense jusques à Tarente, où nous visitâmes les beaux ouvrages commencés par le maréchal Soult, pour la défense de la rade, et que le roi fit continuer. En traversant ces contrées, territoires des anciennes colonies grecques, nous ne négligions pas de rechercher^ non plus les ruines, car il n'en existe presque point sur toute cette côte, mais au moins les vestiges de villes, autrefois si florissantes, telles que Cotrone, Metaponte, Brundisium. Mon savant ami et collègue, M. Miot, était un excellent cicérone y et le roi Joseph, l'un des hommes les plus instruits, prenait un grand intérêt à ces souvenirs historiques. Nous revînmes par la Capitanata et la Fouille, et après avoir séjourné à Foggia, nous arrivâmes au magnifique château de Caserta. he nouveau roi Joseph y reçut la députation du sénat français qui venait le complimenter. Elle était composée du sénateur Jaucourt, son premier chambellan, et qui resta auprès de lui pour en remplir les fonctions, du sénateur Rœderer, qu'il retint aussi, et qu'il chargea du ministère des finances, du sénateur général Ferino, et du sénateur maréchal Jourdan, nommé par l'empereur gouverneur de Naples.
Les députations de la ville de Naples et les ilifférentes autorités se rendirent à Cidserta au-