‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 46 sur 112 · ENTREE SOLENNELLE A NAPLES · texte numérisé non relu

ENTREE SOLENNELLE A NAPLES

devant du roi. Son entrée solennelle eut lieu deux jours après, le 1 1 avril 1806. Nous descendîmes à l'église du Saint-Esprit, où le roi fut reçu par le cardinal Ruffo, archevêque de Naples. Nous remarquâmes qu'après le Te Deum et le Sahumfac regem, l'archevêque évita, dans l'oraison, de prononcer le nom du roi; et, peu de jours après, lorsqu'il se présenta avec les autres autorités pour prêter individuellement le serment de fidélité entre les mains du roi, il lui déclara lui-même que sa conscience ne lui permetfait pas un tel acte.

Un événement fâcheux troubla la fête de l'entrée du roi : cette même nuit, pendant que la ville était illuminée, les Anglais attaquèrent et prirent l'île de Capri, à l'ouvert du golfe de Naples.

Je me livrai, avec tout le zèle dont j'étais capable, aux travaux qu'exigeait l'organisation du dé|)r.rtement de la guerre; le roi destina le palais Acton à rétablissement .des départements de la guerre, de l'intérieur et de la marine. Il forma un conseil d'Etat, qu'il présidait toujours luimême, et auquel nous étions tous tenus d'assister régulièrement, indépendamment des fréquents conseils de ministres. Je commençai à oi^aniser larmée napolitaine; jo formai d'abord quatre régiments d'infanterie à deux bataillons, et deia

TRAVAUX DU GOUVERN£MENT. agS

régiments de chasseurs à cheval. Je formai aussi, dans chaque province, un régiment provincial, tlont le commandement fut donné aux fils aînés des principaux seigneurs. C'était une chose inusitée , de destiner à la carrière des armes les pri^ mogenitij et cette innovation rencontra d'abord beaucoup d'obstacles, qui n'arrêtèrent pas le roi <lans sa résolution et ses efforts pour rétablir l'esprit militaire et l'honneur des armes.

Je fis reprendre les travaux du génie et ceux de l'artillerie dans les arsenaux et les manufactures d'armes : l'école militaire fut rétablie sous la direction du général Parisi. J'organisai l'administration militaire, en appliquant, dans cette partie comme dans toutes les autres, les règlements français. Je réunis, sous la dénomination d'intendants et sous-intendants militaires, les attributions des inspecteurs aux revues et des commissaires des guerres, institution qui, depuis, a été imitée en France.

J'étais secondé, avec tout le zèle de l'amitié, par mon secrétaire général Combes, que j'avais attiré à Naples : mon frère Saint-Fulcrand vint aussi m'y joindre, et fut employé, d'abord à la direction des subsistances, et ensuite à l'administration des domaines royaux dans la Fouille. Le chef d'escadron Alexandre Romeuf , frère de mon ami le colonel Romeuf, dont j'ai déjà parlé,

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